


Les noms tombent, les systèmes sont découverts, et c’est tant mieux. Mais à chaque histoire de dopage qui éclate, c’est le monde sportif en général qui est montré du doigt, et l’amalgame se fait dans les esprit : sportifs = chargés.
Je suis directement touchée par cela et j’ai à cœur de m’exprimer sur ce sujet. Il y a des tricheurs partout, certains milieux sont même complètement gangrenés. Personnellement, j’ai du mal à comprendre comment un être humain censé peut trouver du bonheur dans un résultat volé, sans se soucier des conséquences à plus long terme pour sa propre santé. L’argent, la gloire, le besoin de reconnaissance, la facilité, la pression de l’entourage motivent les plus faibles. Beaucoup de personnes qui gravitent autour des ces sportifs font semblant de ne rien savoir et pensent à leurs intérêts financiers avant tout. Ils sont tout autant coupables et le pire est que rien ne semble pouvoir les arrêter.
Je ne suis pas de ceux là, j’ai aussi la chance de faire partie d’un système qui n’a jamais cautionné le dopage (Fédération Française de ski, l’I.B.U (union international de biathlon) qui se félicite d'avoir été l'une des premières fédérations sportives à avoir engagé la lutte contre le dopage en introduisant dès 94 des contrôles sanguins). Si l’IBU fait de gros efforts pour préserver le biathlon de ce fléau, à mon niveau, je peux aussi agir en encouragent les athlètes à la transparence.

Etant dans les 30 meilleures au classement général de la coupe du monde, je suis soumis aux exigences du système ADAMS (Anti Doping Administration & Management System) de l'AMA (Agence mondiale antidopage) www.wada-ama.org. Cela signifie que je dois communiquer mon emploi du temps pour le mois entier, déclarer où je passe mes nuits etc… et implique que je peux être contrôlée à n'importe quel moment.
C’est un peu contraignant mais c’est le meilleur moyen pour que les contrôles inopinés soient réellement inopinés (j’ai déjà été prévenu d’un contrôle soi disant inopiné 3jours avant, en France, avant les JO, ce qui est ridicule !!!) Le contrôle inopiné restant le meilleur moyen d’épingler les tricheurs.

Pour l’athlète de haut niveau qui s’engage dans l’association AFT, (démarche volontaire), cela consiste à autoriser un suivi régulier de certains paramètres biologiques (avec 5 à 10 prises de sang par an) et d’une mise en ligne (partielle) des résultats sur le site internet de l’association (www.athletefortransparancy.com).
Contrairement à un contrôle antidopage classique ou l’objectif consiste à chercher directement une molécule parmi d’autres, la démarche pour AFT consiste à mettre au jour une fluctuation anormale (certaines valeurs peuvent être élevées ou basse naturellement) de certains marqueurs sanguins qui pourraient traduire d’une pratique dopante.
Pour moi , adhérer à l’AFT n’est pas contraignant étant donné que je fais déjà toute l'année des prises de sang pour voir s'il n'y a pas de carences, d'épuisement, de maladies... Le fait que les résultats soient en ligne sur internet ne me gêne pas, c’est une démarche de transparence.
J’invite les sportifs de haut niveau qui cautionnent la cause d’un sport sans dopage à s’engager et s’inscrire sur le site de l’AFT : www.athletesfortransparency.com

Il est possible de faire du sport de haut niveau sans se doper, il faut respecter ce qui est humainement possible de faire. Cela fait peut être plus mal aux jambes de ne pas se doper mais c’est un choix. Le corps est capable de s’adapter et de progresser mais l’être humain n’est pas une machine, le sportif n’est pas un robot. Lorsqu’on le sollicite beaucoup, il a besoin de récupérer. Sans piqûre ou prise de médicaments illicites, c’est peut être plus long, mais encore une fois, c’est un choix et ce choix ne doit pas être difficile à faire si on se respecte et si on respecte les autres.
« Mieux vaut un vrai perdant qu‘un faux succès. »
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